Bonjour Sel

Un Trek de 16 jours jusqu’au lac de Gokyo

En Mars 2026, mon papa, Pascal est parti en direction d’un pays qui le faisait tant rêver: le Népal. Il vous partage ici son récit détaillé de son voyage de 16 jours, avec un trek de 13 jours allant jusqu’au lac de Gokyo.

Jour 1 - Arrivée à Katmandou

Vol Bâle/Mulhouse – Katmandou via Istanbul

Le 2 Mars 2026, je m’envole direction Katmandou depuis l’aéroport de Bâle–Mulhouse, pour une durée totale de 18havec une escale à Istanbul avec Turkish Airlines. Très bonne expérience globalement : deux vols ponctuels, repas corrects vers Istanbul pour un vol de 2h30. Dans le vol à direction de Katmandou, c’est plus moyen (nourriture pas très chaude, petit sandwich de petit-déj assez fade). Et puis dîner à 2h30 du matin, avec le décalage ça fait 4h30… pas idéal ! Les deux vols arrivent cependant en avance, dont 45 minutes d’avance à Katmandou.

 

Les formalités de visa à KTM sont rapides. On change de monde d’un coup : petit aéroport un peu vintage. Je me précipite au mauvais comptoir, alors qu’il faut d’abord payer à un autre guichet. Nouvelle surprise : un contrôle rayon X supplémentaire avant de récupérer les bagages, avec la file d’attente qui va avec.

Petite frayeur au tapis : quelqu’un avait déjà retiré mon sac du tourniquet. J’attends comme un naze pendant 20 minutes, persuadé qu’il est resté à Istanbul… Je le retrouve finalement posé dans un coin avec d’autres bagages. Ouf !

 

À la sortie, mon agent de trekking, Rajan, m’accueille « à la népalaise », avec un collier de fleurs autour du cou. Ça fait sourire et ça met directement dans l’ambiance.

 

Le soleil a du mal à percer un voile de brume, mélange de météo et de pollution. Les odeurs de brûlis flottent dans l’air : pas de doute, on est bien dans une grande capitale asiatique d’un million d’habitants.

 

Je dépose mes affaires chez Rajan. Il me présente le trek dans le détail, que je connais déjà presque par cœur pour l’avoir lu et relu, et étudié sous toutes les coutures sur Google et Komoot.

Premiers pas à Katmandou

L’après-midi, malgré seulement quelques minutes de sommeil dans l’avion, je pars visiter les monastères recommandés par Rajan. Je marche environ 8 km dans les ruelles parfois défoncées, souvent très étroites, où scooters et motos déboulent de partout. Il faut rester attentif pour ne pas se faire percuter.

 

Deux superbes points de vue sur la ville s’offrent à moi. Les monastères sont magnifiques ; dans le second, j’assiste à une grande cérémonie de prières. Les traces du séisme de 2015 ont pratiquement disparu, la reconstruction est impressionnante.

 

Je rentre chez Rajan, après m’être légèrement perdu : j’avais oublié d’enregistrer mon point de départ, donc je navigue « au feeling » avec le GPS de ma montre. Le soir, dîner dans un petit resto à 18h : premier repas népalais… qui se résume en fait à un poulet sauce teriyaki avec du riz.

 

De retour chez Rajan, je prépare mes affaires pour le lendemain. Mon vol pour Lukla est, pour l’instant, confirmé (il y a toujours une part d’incertitude jusqu’au dernier moment). Réveil prévu à 4h30.

 

Petit coup de stress : je suis déjà bien «overloadé » et Rajan m’annonce que la limite dans l’avion est de 10 kg pour le sac en soute, plus un bagage à main. Dans ma tête, c’est la panique : mon sac à dos fait déjà 15 kg à lui tout seul. Je trie, range, dérange, rerange… Je trouve un compromis, et je verrai bien le lendemain.

L'arrivée à Katmandou
Monastère à Katmandou
Katmandou
Cérémonie bouddhiste

Jour 2 – Voyage vers Lukla (2840 m) et trek jusqu’à Phakding (2650 m)

Katmandou–Lukla

Réveil à 4h30. Café avalé en vitesse, puis Rajan m’emmène à l’aéroport, au hall des vols domestiques. C’est là que je rencontre Karma (oui, ça ne s’invente pas), mon guide pour les deux semaines de trek.

 

À l’ouverture des grilles, c’est la cohue : beaucoup de monde au départ, des locaux et des trekkeurs occidentaux. Il y a des élections importantes le lendemain, donc beaucoup de Népalais rentrent dans leur région pour aller voter.

 

Après les différents contrôles, on attend dans le hall. Le vol 301 est annoncé : c’est le nôtre.

Un vol inoubliable vers Lukla

Objectif du jour : être parmi les premiers dans l’avion pour avoir un siège côté gauche, celui avec la vue sur la chaîne de l’Himalaya. Rajan m’en a parlé la veille, mais je le savais déjà : c’est le « bon côté » du zinc.

 

Je stresse un peu : il faut monter parmi les premiers dans le bus qui nous emmène à l’avion. Je fonce, mais visiblement d’autres ont eu la même idée. Je grimpe dans le bus en sixième position… re-stress.

 

En voyant l’avion, je comprends vite : petit appareil à ailes hautes. Les premiers se ruent à bord. Je repère une seule rangée de sièges à gauche et réussis à attraper la dernière place. Au final, je pense que c’est la meilleure, même si l’aile est dans le champ de vision pour tout le monde.

 

Le jour se lève quand l’avion s’élance sur la piste. Le ciel est très couvert, ce qui m’inquiète un peu. Plus on monte, plus la brume s’épaissit. Toujours aucune montagne en vue, je commence à désespérer. On va vraiment se poser à Lukla sans rien voir ?

Et puis d’un coup, ça se dégage. On passe au-dessus des nuages et là… spectacle grandiose : les plus hauts sommets de l’Himalaya se dressent devant nous. J’aperçois l’Everest pour la première fois de ma vie. J’ai presque envie de pleurer, c’est un vrai moment d’émotion.

Je n’ai pas le temps de dégainer le Canon et le 70–200 : le pilote amorce déjà un virage à gauche et entame la descente. Le ciel est maintenant complètement dégagé. En dessous, les pentes des montagnes se rapprochent, avec des villages accrochés aux flancs. Je suis scotché au hublot.

 

La finale est impressionnante : approche au ras de la montagne, que l’on frôle littéralement en virage à gauche, puis la piste apparaît et l’avion se pose en douceur sur ce petit bout de tarmac de Lukla, souvent cité comme l’un des aéroports les plus dangereux du monde. Rien que ça !

 

Je ressens une joie intérieure intense. C’est une expérience inoubliable, qui ira directement dans le top de mes souvenirs de voyage.

Première journée de marche jusqu’à Phakding

On récupère les bagages puis on prend un petit-déjeuner dans un lodge. Karma s’occupe de l’organisation : il porte mon sac de couchage et mon petit sac. Pour moi, c’est un vrai soulagement. Je vais devoir faire avec mes 15 kg et mon appareil photo avec le zoom, que je garde sur moi, ce qui gêne un peu pour marcher.

 

Après un petit briefing et un rappel de l’itinéraire, on démarre la rando à travers le village de Lukla. L’ambiance est déjà très dépaysante : des chiens partout, des boutiques de vêtements et de matériel de trek, des hôtels aux noms très « montagne », des épiceries… Les maisons sont vraiment belles.

À la sortie du village, on s’arrête au check-point pour les formalités : autorisations de passage et de trek, paiement du droit d’entrée dans le parc national.

 

Cette première étape est surtout en descente, avec la traversée de trois villages. Le chemin est régulièrement occupé par des « caravanes » de mules qui transportent tout ce qui est nécessaire à la vie là-haut. Il faut leur laisser la priorité, et surtout se placer du bon côté du sentier pour éviter de se faire bousculer vers le vide par une mule lancée tout droit.

 

On atteint un premier pont suspendu au-dessus d’un profond ravin : ça bouge bien sous les pieds. Au total, il y en a trois dans cette portion, dont deux que nous franchissons.

 

En chemin, on contourne de nombreuses stèles bouddhistes, toujours par la gauche (surtout pas par la droite). Des travaux de réfection de sentier sont en cours à plusieurs endroits : des femmes cassent de gros blocs de pierre pour en faire des cailloux.

On passe devant une série de petits monastères, des stupas d’un blanc éclatant, des dizaines de moulins à prières et des guirlandes de drapeaux qui flottent dans le vent, emportant les prières vers les montagnes.

 

Au bout d’environ 3h30, nous arrivons à Phakding. Nous traversons le village jusqu’à son extrémité pour rejoindre le lodge où nous passons la nuit. Je remarque qu’il n’y a pas tant de touristes que ça : quelques petits groupes par-ci par-là, mais rien d’envahissant. C’est le début de la saison.

 

Karma m’explique que presque chaque maison est en réalité un hôtel. Difficile à croire sur le moment, mais il assure qu’en haute saison tout est plein. Impressionnant.

 

Je déjeune au soleil sur la terrasse, à 2660 m. La température est très agréable, juste rafraîchie par une petite brise.

Monastère, première cérémonie et routine du trek

Karma me propose une heure de repos, puis une petite balade pour aller voir un monastère. J’accepte volontiers.

Une heure plus tard, nous repartons sur une pente bien raide. On traverse un petit village ; j’offre deux stylos rigolos à une fillette. Elle les prend avec un énorme sourire, impatiente d’aller les montrer à sa « mama ».

 

Après une montée assez intense (200 m de dénivelé, tout de même), nous atteignons le monastère. De là-haut, la vue sur les sommets à 6400 m, et même au-delà de 7800 m, est superbe. C’est la première fois que je vois des montagnes au-dessus de 7000 m. Jusqu’ici, l’Aconcagua en Argentine (6800 m) détenait mon record personnel.

 

À l’intérieur, une cérémonie est en cours. Je paie 300 NPR (1,75€) pour pouvoir y assister. La salle est richement décorée, très colorée, comme souvent dans les monastères bouddhistes. Les moines, de tous âges (y compris de très jeunes enfants), sont assis en rangs et récitent leurs prières sans interruption, accompagnés du son d’un tambour et, de temps en temps, de deux longues trompettes : l’une au son aigu, l’autre très grave et puissant. On nous sert une grande tasse de lemon tea.

Je demande à Karma si les photos sont autorisées. Il me dit oui, mais après une vidéo et une photo, on vient m’indiquer que finalement non. Dommage…

 

Nous redescendons ensuite au lodge. Il est 16h. On me sert un goûter avec une boisson et des biscuits. Je dois m’astreindre à boire 3 litres par jour. Karma vérifie tout ça lors du petit bilan du soir après le dîner : quantité bue, taux d’oxygène, fréquence cardiaque, niveau de forme, éventuelles douleurs… tout est noté dans un carnet. C’est sérieux.

 

La journée se termine par la présentation de l’étape du lendemain, avec les points clés à retenir. Au programme : la montée jusqu’à Namche Bazar, la capitale des Sherpas et le cœur du monde des trekkeurs dans la région

L'avion direction Lukla
En direction de Phakding
Pont suspendu
Stupa

Jour 3 - De Phakding à Namche (3440 m)

Réveil, départ et premières difficultés

Aujourd’hui, on entre dans le vif du sujet, le trek de Phakding à Namche Bazar, on commence à parler d’altitude sérieusement !

Réveil à 7h, la nuit a été moyenne, assez longue mais très entrecoupée par des réveils ; il faut s’habituer au froid de la chambre qui n’est pas chauffée (seul l’espace commun des lodges est chauffé, le soir), sans compter encore un peu de jetlag, etc.
Après avoir plié les bagages (pas une mince affaire avec le sac de couchage qu’il faut faire rentrer dans son sac de transport, je m’y suis repris à 3 fois, ça avait l’air pas trop mal, mais Karma a repris le truc !


On démarre à 8 heures, sous une température matinale encore fraiche, pour 11 km et 900m de dénivelé au total. En fait les 8 premiers kilomètres se font en dos de chameau, on monte, on descend.
A la pause repas de 11 heures j’avais l’impression d’avoir gravi 500/600m de dénivelé, en fait on était tout juste à 2800m, après 5 km, dur dur.

Paysages, ponts suspendus et premières vues

En chemin on croise des trekkeurs qui redescendent, et des innombrables caravanes pendulaires de mules, entre 15 et au moins 40 bêtes. La plupart redescendent à vide vers Lukla pour repartir chargée vers Namche, comme un mouvement de métronome.


Le temps est magnifique, pas un nuage, le soleil réchauffe rapidement l’atmosphère à tel point que je me déleste de mon sweat polaire et ma doudoune assez rapidement. Du coup en passant, ma nuque est complètement cramée, ce faisant, Karma me propose son chapeau qui protège mieux la nuque.
Le sentier chemine essentiellement dans les pinèdes et les forêts de rhododendron dont la floraison est attendue prochainement. J’espère que je les verrai en fleur à mon retour.


Nous traversons 4 ponts suspendus, toujours impressionnants. Mais celui qui est le plus marquant est le quatrième, baptisé Sir Edmond Hilary. Pour les connaisseurs c’est le premier vainqueur de Sagarmatha, en 1953 qui est vous l’avez deviné, le mont Everest en népalais.

Du reste nous pénétrons dans le parc national du même nom au poste de contrôle du village de Monjo. Le pont Hilary permet de traverser un profond ravin au sein duquel coule la rivière, Dudh Koshi qui ne nous quitte pas depuis Lukla, 135m en dessous. Il s’agit du plus haut pont situé sur la route de noter trek.
Et juste après, mon enthousiasme trouve son paroxysme de la journée, dans une trouée entre les montagnes, au loin, Sagarmatha, le mont Everest en népalais. Encore une fois séquence émotion, parce que là je le vois pour de vrai depuis sans m’être envoyé en l’air.

Montée finale vers Namché et arrivée

On poursuit notre chemin, qui devient de plus en plus difficile. J’ai 33% de pente sur ma montre et sans doute même davantage. Ça monte sans arrêt, en plus les travaux de réfection du sentier occasionnent des détours où la pente est encore plus raide, instable et irrégulière, sous mes pieds.


Le rythme se fait plus lent, On fait plusieurs pauses, « jam jaam » me dit Karma on y va « bisdari » doucement ! il faut se prémunir du mal aigu de montagne qui guette si on monte trop vite et si on ne boit pas assez (3 litres d’eau au moins !).


J’ai l’occasion de parler avec un australien qui se rend avec un autre vers l’Island Peak et même le Mera peak pour l’un des deux, deux sommets à 6 189m et 6 400m, accessibles sans être alpinistes, surtout le Mera peak. Tout cela sous l’œil du Thamserku magnifique que je vois de temps en temps (6 618m).


Ça devient long et presque pénible, enfin un promontoire marque l’arrivée à Namché qui s’étale devant moi. En fait cette ville, surtout ses hôtels, sont accrochés à la montagne qui forme une sorte de cirque.
Au milieu de tout ça, une grande stupa blanche comme d’habitude qui domine la place centrale. Nous arrivons au lodge où je prends mes quartiers pour deux jours.

Thé népalais et cinnamon roll

Je continue de tester la nourriture népalaise, une belle soupe à midi, à base de légumes, que j’ai accompagnée d’une de mes boissons découverte, le Masala tea, un thé au lait à la cannelle.
Et pour couronner le tout, un énorme cinnamon roll dont m’a parlé Karma, qui est une spécialité népalaise. Je croyais que c’était uniquement scandinave !
Ce soir diner avec plat sherpa, je raconterai ça…

La rivière Dudh Koshi
Le pont Hilary
Namche
Stupa à Namche

Jour 4 - Namché Bazar - Everest hotel view point (3860m) - Namché Bazar​

Un "rest day" népalais

Voilà aujourd’hui c’est ”rest day”, seulement 5,4 km et …400m de dénivelé + et – !
On part à 8h00, délesté du gros sac, donc plus d’aisance pour la grimpette. Ça commence fort avec des escaliers raides qui nous emmènent rapidement au-dessus du village.

On se rend d’abord sur le site où se trouve la statue qui rend hommage au célèbre Tenzing Norgay sherpa. On devait apercevoir l’Everest depuis ce point de vue, mais ce matin, le ciel est bien couvert, les nuages passent entre les sommets que l’on devine à peine de temps en temps. Pas d’Everest en vue, pourtant la météo annonçait du beau temps, moment de tristesse, mais pas de désespoir, juste un peu d’inquiétude.

On revient en arrière pour bifurquer sur le sentier de l’hôtel qui fut un temps le plus luxueux hôtel d’altitude du monde. Luxueux, il le demeure.

Un moment hors du temps

La montée se fait sévère, j’ai 37% de pente, on fait plusieurs pauses. Enfin nous atteignons un premier restaurant et tout à coup, comme par magie, ce côté de la vallée est complètement dégagé, quelle joie ! Et alors, quelle vue splendide devant moi, j’en crois pas mes yeux, la vallée de Khumbu s’étale devant moi. Les sommets les plus proches sont Thamserku, Ama Dablam, Nupla, et au fond du tableau, le Lothse (4e sommet le plus haut du monde avec ses 8516m) et le Nuptse.

 

Moi qui dans ma jeunesse, toujours passionné de géographie, m’intéressait déjà à cette partie du monde qui me fascinait avec les exploits de Reinhold Messner, qui fut le premier alpiniste à avoir gravi les 14 sommets de 8000m et le premier à avoir grimpé l’Everest sans apport d’oxygène. Huit des sommets de plus de 8000 se trouvent au Népal, alors que le K2 (8611m) est situé pour sa part dans la chaîne du Karakoram entre Chine et Pakistan. Aujourd’hui, les 14 sommets se gravissent en moins de six mois, Messner a mis plusieurs années pour finir en 1986.


Je ne quitte pas des yeux ce spectacle merveilleux, je suis comme hypnotisé, les couleurs sont magnifiques, ça fait de superbes photos et vidéos.
Après une tasse de thé sur la terrasse de l’hôtel, nous prenons le chemin du retour.

Yaks, SPCC et tourisme de masse

Ah, j’oubliais, encore une autre première ! Les yaks, un des emblèmes du Népal (avec le Yéti bien sûr, mais désolé “moi pas avoir vu !”) ces supers quadripèdes pleins de poils tout longs, il y en a partout, qui broutent dans les pentes. Ils sont impressionnants ! D’ailleurs ce matin j’avais des chapatis au beurre de yak au petit déjeuner !

 

À l’issue de la descente, Karma me conduit vers les installations de l’organisme local Sagarmatha pollution contrôle comitee (SPCC) qui s’occupe depuis 1990 de nettoyer et ramasser les déchets laissés par les passages de touristes. Il était temps de s’en occuper, car rendez-vous compte, en 1990 il y avait déjà 10 000 personnes qui séjournaient dans le Khumbu, aujourd’hui il y en a tous les ans 40 000. Cet organisme promeut le recyclage des déchets en les transformant en objets du quotidien.

Tout le monde a sans doute déjà vu les images du camp de base de l’Everest où sont abandonnés des tonnes de déchets par les expéditions. Des artistes fabriquent des oeuvres d’art qui sont exposées dans un hall, pour la modique somme de 1 000 à 6 000 dollars US.
Au passage j’ai droit à une vidéo à 360° avec casque sur une expédition qui a gravit l’Everest. C’est super bien fait, on apprend et on voit plein de choses.

Retour au village et rencontres internationales

On arrive au village vers 12h30 pour le déjeuner puis après midi de repos. Je discute avec un groupe de touristes aux origines diverses, un américain qui voyage depuis 18 mois, un français qui voyage lui aussi au long cours mais un peu fauché, une allemande, un letton.

Je me repose un peu dans la chambre puis vais me balader dans le village pour faire du repérage shopping pour le retour.

Jour 5 - Namché Bazar – Pangboche (3979m), 14 km

Une étape exigeante et physique

Pour l’instant, la difficulté ressentie était plutôt raisonnable, la montée finale de Namché était assez rude mais je l’avais déjà oubliée. Le trek du jour est long de 14 km, ce sera une des plus longues étapes de cette partie de mon expédition.

 

C’est surtout le profil de cette étape qui a de quoi être un peu inquiet. On part de 3460m pour monter à 3850m, redescendre à 3300m pour traverser une rivière et remonter à 3990m, sans être redescendu à plusieurs reprises sur des pentes raides qui malmènent mes genoux. Bref, une vraie montagne russe cette fois, sur un sentier la plupart du temps rocailleux et parsemé de nombreux escaliers avec de hautes marches particulièrement éreintantes. Je commence à détester ces satanés escaliers !


La montée finale vers Pangboche après le passage du monastère de Tengboche, le plus haut du Népal, que nous avons visité rapidement, a été interminable et assez usante, je ne vais pas mentir.

Le dernier kilomètre a été épuisant, la respiration se fait plus lourde, le rythme des pas est très lent.

Des paysages majestueux

Néanmoins, la randonnée a été très sympa, nous avons des vues magnifiques sur l’Ama Dablam et de plus en plus proches, l’Everest, le Lothse, Nuptse et Tabuche (7800m). Malgré la petite brume, la lumière reste très propice pour les prises de vues. Je ne me prive pas.


En route, ce ne sont plus les convois de mules que nous rencontrons, mais des yaks qui servent comme les mules de « camions » ! On traverse plusieurs villages tous plus pittoresques les uns que les autres avec de belles tea houses qui invitent à faire un arrêt.

Les recontres sur le chemin

Je discute en chemin lors des nombreuses pauses avec un groupe composé de deux américaines, deux canadiens et un australien.


La vie paisible se déroule dans cette contrée reculée. Nous sommes dans le pays des Sherpas, ces hommes qui sont les meilleurs compagnons des alpinistes du monde entier. Lorsque je vois des enfants je leur offre le fameux stylo funny, ils sont tout souriants. Je demande à Karma comment la vie quotidienne s’organise au village. Il m’explique que les hommes vont au champ, mais l’agriculture reste une activité secondaire, notamment hors saison. Le plus souvent, ils sont occupés au transport de matériel et autres entre Lukla et jusqu’au camp de base de l’Everest. On les voit donc rarement à la maison. Les femmes s’occupent des tâches quotidiennes et de l’entretien de leur maison.

Fin de journée à Pangboche

Nous traversons une belle forêt de rhododendrons, qui forment une sorte de tunnel végétal, c’est très photogénique je trouve. La température se fait plus fraiche.
Au cours de la journée le brouillard a envahi les montagnes, je ne profite donc plus de vues spectaculaires à admirer et c’est dans cette ambiance un peu tristoune que nous arrivons enfin à Pangboche à 15h30, après 7h30 de route.


La douche chaude (500 NPR négocié) dans une salle de bain à la température glaciaire fait quand même du bien de même que le repas (nouilles sautées à l’omelette pour ce soir, c’est moins népalais que ce matin, pommes de terre sautées aux légumes).
A noter que le soir il est difficile de s’occuper. Il fait froid dans les chambres, l’espace commun qui sert de salle à manger n’est chauffé que de 17h à 19h avec un poêle à cacas de yak !


Demain est un autre jour, passage à 4600m annoncé !

 

Jour 6 - Pangboche – Ama Dablam Base camp (4600m) – Pangboche D+ 700m D- 700m

Vers une ascension du Mont Everest ?

Aujourd’hui, nouvelle journée d’acclimatation à l’altitude, nous faisons la randonnée du camp de base de l’Ama Dablam. Les accros de Youtube (j’en suis pas mais bon, j’ai entendu l’histoire forcément), savent que le Youtubeur Inoxtag a tout d’abord fait l’ascension de ce sommet en vue de s’attaquer à l’Everest quelques mois plus tard.

 

Je questionne Karma sur la manière de s’y prendre pour gravir l’Everest et effectivement, il me confirme que l’Ama Dablam fait partie des sommets de préparation. Au préalable, il est également obligatoire de suivre un entraînement spécifique d’un mois pour obtenir une autorisation indispensable à un projet d’ascension de l’Everest. Il me demande si je souhaite faire l’ascension ? Évidemment c’est dans mes plans ! je lui dis à mon âge c’est trop tard, lui en bon bouddhiste plein de zénitude, me dit que c’est qu’une question d’état d’esprit, de mental face à la difficulté et à une bonne préparation physique. J’y réfléchirai, au passage il faut aussi 15000 $ de budget au minimum, c’est pas le luxe, sinon c’est 70 000 $ me dit le propriétaire du lodge dans lequel je suis, pour une prestation luxueuse. Je cherche des sponsors…ou j’ouvre une cagnotte ?

Montée vers le camp de base

Le périple commence par une montée assez sèche avec des marches hautes, puis on enchaîne avec une descente assez raide jusqu’à la rivière que nous traversons sur un pont métallique. De l’autre côté ça repart direct en pente raide sur un chemin étroit caillouteux.

 

Je sens tout de suite que ce matin c’est plus difficile, je suis vite essoufflé, ça cogne dans ma poitrine, je ne me sens pas à l’aise du tout comme les autres jours. Après plusieurs mini pauses, je commence à me raisonner et me décide à ne pas vouloir insister, je ralentis le rythme des pas et adopte un pas par seconde environ. Du coup ça va mieux, je me mets dans mon rythme et avance doucement. Boy, t’es quand même à plus de 4000m, ça rigole pas !

Il y a quelques passages moins raides mais globalement l’ascension reste assez sévère. Le soleil est au rendez-vous, le fond de l’air est frais mais il fait bon.

Quelques instants plus tard la vue se dégage et je prends en pleine figure l’Everest, seul sommet coiffé d’un petit voile de nuage blanc et toujours ses compagnons. Mais aussi et surtout l’Ama Dablam, de plus en plus impressionnant vu de près. La lumière est toujours très belle et propice aux clichés dont je ne me prive pas. Le ballet d’hélicoptères qui font l’allée venue depuis Lukla remplit l’atmosphère du vrombissement des moteurs.

Silence de la montagne et arrivée au camp de base

Le paysage est désertique, il n’y a plus de végétation, les premières plaques de glace apparaissent en chemin sur les bords d’un ruisseau qui dévale la pente.

Il n’y a personne, nous sommes seuls. Nous faisons un petit break et là plus rien, plus d’hélicoptères, plus aucun bruit. Le silence de la montagne, si agréable à entendre ! Je me dis les montagnes chez nous sont évidemment tout aussi belles, à n’en pas douter. Ce qui fait la différence ici c’est l’ambiance, le choc de culture, les gens, les villages, la nourriture, les animaux. D’ailleurs hier j’ai aperçu des chèvres de montagne (des gorals de l’Himalaya).


Au bout de 2h45, nous atteignons le camp de base. Bon pour dire, il n’y a rien du tout. La saison n’ayant pas encore commencée, les premières expéditions arriveront vers le début avril. Il s’agit juste d’un vaste plateau qui peut accueillir les tentes et le matériel, il faut s’imaginer comment c’est quand il y a du monde.
Il y a un hôtel dans le coin, mais évidemment il est encore fermé, ce faisant nous avions avec nous le déjeuner pour un piquenique au pied de l’Ama Dablam.

 

Entre-temps tout autour, d’autres sommets cachés jusqu’à présent sont apparus, c’est magnifique, avec aussi de l’autre côté, la vue plongeante au loin vers Namche Bazar.

Descente, rencontres et soirée au lodge

Nous nous dépêchons de finir notre déjeuner car déjà apparaissent, remontant à toute allure depuis la vallée, les premiers nuages qui ne vont pas tarder à recouvrir les sommets et le paysage. Nous entamons la descente, l’allure est évidemment beaucoup plus rapide. En chemin je croise la jeune américaine rencontrée l’avant-veille, je ne comprends pas pourquoi elle se retrouve là à ce moment avec son guide, il n’y a plus rien à voir. Elle est hébergée dans le village avant Pangboche et fait le trek EBC (Everest Base Camp), trek beaucoup plus fréquenté que le mien, raison pour laquelle, entre autre, je n’ai pas choisi cette option.


Je manque à plusieurs reprises de me “casser” la figure en marchant sur les pierres qui roulent (haha). J’ai peur de me faire mal aux genoux, je reste très prudent. Nous arrivons au lodge après 13h30 où je peux me reposer une demi-heure et prendre une douche …chaude, puis écrire ces quelques lignes dans la salle à manger où il fait de plus en plus froid. Mon hôte (qui a gravi sept fois l’Everest) et son épouse me disent que je suis le seul client aujourd’hui, c’est dingue ! Hier il y avait un groupe d’allemands et de chinois (eux ils sont bruyants, j’ai vu ça l’année dernière en Chine !). Je leur offre des stylos fun, ils sont enchantés (moi aussi !) et allument le poêle à caca de Yak. Ouf, j’ai les doigts gelés !

Jour 7 Pangboche – Dole (4060m) D+ 790m D- 720m

Départ matinal et météo incertaine

Ce matin, Karma propose de partir un peu plus tôt, la météo ne s’annonce pas des plus belles aujourd’hui. Quelques nuages d’altitude sont bien présents mais ils s’évacuent assez rapidement si bien qu’à l’heure du départ le ciel est dégagé, mais comme hier, des gros nuages flottent au loin dans la vallée.

 

Karma m’a décrit la veille au soir l’itinéraire du jour, je l’avais checké sur l’application Komoot, cela me semblait assez compliqué car il fallait passer de 4000m à 3600m pour traverser une rivière et remonter à 4200m annoncé mais j’aurai au final 4060m sur ma montre.

Progression sur les sentiers de montagne

Et cela allait effectivement s’avérer compliqué finalement, je crois que c’est la journée la plus dure, j’allais m’en rendre compte au fur et à mesure.

 

Le début se fait sur un sentier étroit à flanc de colline avec des montées abruptes avec des escaliers et des descentes tout aussi raides, le tout baigné de généreux rayons de soleil.

« Je marche seul » c’est ce qui me vient à l’esprit. Les nuages allaient arriver très rapidement de telle sorte qu’après une heure de trek, nous allions rapidement être enveloppés dans une espèce de brouillard persistant.

 

A un moment, au détour d’un virage, nous apercevons cinq mountain goats accrochés à la paroi en train de brouter. Un peu plus loin, ce sont cinq aigles qui tournoient gracilement dans le ciel ennuagé profitant des courants ascendants pour planer grâce à leurs larges ailes.

 

Un berger sherpa nous dépasse facilement avec ses cinq yaks. Nous arrivons au village de Phortse après trois heures où nous faisons la pause déjeuner. Dhal Bat encore pour moi, c’est mon troisième, le plat népalais par excellence.

Descente vers la rivière et montée exigeante

On repart « down to the river » dans la forêt de rhododendrons, pour atteindre la rivière, ou plutôt le torrent tumultueux aux flots bleus, que nous traversons pour repartir de l’autre côté où une montée verticale nous attend.

Là je me dis mince, c’est plus de la rando, ça se transforme en escalade ! Le sentier est très étroit, raide, il faut gravir les rochers, puis les escaliers avec les hautes marches que j’essaie tant bien que mal, quand je peux, de contourner.

 

A un moment je perds l’équilibre et manque de tomber en arrière. Et oui les amis, il ne faut pas oublier, j’ai 17 kg sur le dos, l’appareil photo de 2 kg en bandoulière et deux bâtons dans les mains…

Ça continue comme ça pendant quasiment deux heures, c’est vraiment physiquement exigeant. Je me retrouve toutes les cinq minutes en dette d’oxygène, obligé de récupérer sur les parties à peine moins raides.

 

On traverse trois ou quatre passerelles en bois qui permettent de passer au-dessus de murs de glace aux parois verticales.

Arrivée à Dole et soirée au lodge

Le temps est de plus en plus menaçant je sens quelques gouttes, il faut sortir la veste hardshell du sac qu’au final je n’aurai pas besoin de mettre. Après encore quelques « starways to heaven » nous arrivons enfin à Dole à 4200m d’altitude après 6h30 environ déjeuner compris. Et une grosse fatigue.

Une heure plus tard la première averse de mon séjour se produit mais nous sommes bien au sec en train de nous réchauffer autour du poêle à bois de la salle de restaurant généreusement alimenté par la tenancière du lodge. Il faut aussi préciser que le poêle sert à faire bouillir l’eau dans des grandes casseroles.

Dans les chambres il fait froid. La douche elle, est carrément située à l’extérieur dans une cabane !! Je vais pas mentir, mais aujourd’hui je crois que je vais me contenter d’une toilette.

Et au fait, je me suis amusé à glisser trois références dans ce texte, je ne suis pas certain que tout le monde les aura ! c’est l’inspiration de la marche …

Demain on continue notre ascension vers Gokyo, avec cette fois une courte étape pour permettre de poursuivre le processus d’acclimatation.

Jour 8 : Dole – Machherma (4418 m)

Nuit difficile et départ vers Machherma

J’ai passé une nuit pas très confortable, empêché de respirer correctement une grande partie, j’ai peu dormi. Du coup le réveil matinal dans le froid auquel je ne m’habitue pas est très difficile. Au petit déjeuner je teste ce matin le porridge au blé et au miel, finalement c’est plutôt sympa.
Dehors le soleil brille déjà, je suis rassuré, les nuages ont été chassés pendant la nuit. Quant à savoir pour combien de temps, c’était l’inconnue.

 

On démarre le trek de 5,5km vers Maccherma avec une montée très raide pour s’échauffer ! Le ciel est bleu, au bout d’une demi-heure de montée nous franchissons une colline derrière laquelle apparaît le Cho Oyu, sixième sommet du monde avec ses 8 201m. Il est magnifique et imposant, complètement recouvert de son manteau blanc. A ses côtés d’autres sommets, dont plusieurs flirtent avec les 8000m. Le tableau encore une fois est majestueux.

Marche dans la vallée et rencontres

Nous poursuivons la route sur le sentier, je rattrape les deux anglais et l’américain qui étaient hier soir avec moi dans le même lodge. La brise souffle assez fort emmenant avec elle les nuages qui remontent comme d’habitude la vallée.

 

Nous traversons un petit village et poursuivons la randonnée. J’adopte un pas lent, sachant que la randonnée d’aujourd’hui était courte, pas besoin de se presser. Plusieurs chorten (stèles bouddhistes) se trouvent sur le chemin, nous les contournons, toujours par la gauche.

 

Soudain, j’aperçois des oiseaux qui tournoient toutes ailes déployées dans le ciel, plongeant entre les collines, remontant au-dessus de la montagne. Karma me dit que ce sont des vautours, j’arrive à en immortaliser avec mon appareil photo et mon Iphone, en vidéo.

Arrivée à Machherma et randonnée d’acclimatation

Nous attaquons la dernière montée au sommet de laquelle un chorten marque la descente vers Machherma que j’aperçois en contrebas avec tous ses lodges aux noms toujours si évocateurs.

 

On s’installe et je commande le déjeuner, des nouilles chinoises aux œufs frits. Rapidement après le repas, comme convenu en fonction de la météo, Karma m’indique que nous pouvons effectuer la randonnée d’acclimatation.

 

Nous montons rapidement la colline en face de l’hôtel pour arriver en crète où le vent souffle très fort, je pense au moins 40 km/h. Nous continuons sur cette ligne où le froid devient de plus en plus mordant, le vent gifle le visage. Je teste pour la première fois ma doudoune achetée pour l’occasion. Je suis assez bluffé, ça fonctionne très bien, je n’ai pas froid.

Nous montons jusqu’à 4700m. Plusieurs lignes de drapeaux de prières suspendus sont agités à l’horizontale.

Fin de journée au lodge

Nous redescendons vers l’hôtel, je croise la trekkeuse française Céline, qui monte à son tour, nous échangeons quelques impressions avant de se mettre d’accord de prolonger notre discussion au lodge, ce que nous avons fait.

Pour info, elle a débuté son road trip d’un an depuis quelques semaines au Népal et en est à son deuxième trek, après celui de la région du Langtang. Elle continuera après le Gokyo Ri sur la Cho La pass vers l’EBC, puis finira le Népal avant d’aller aux Philippines avec l’ascension de l’Island Peak (6100m). Un très beau programme.

 

Il est 13h30, je décide de prendre une douche. Le conduit d’eau alimentant la chaudière au gaz étant gelé ce sera au seau d’eau chaude avec une cruche dans un espace douche à température glaciale, magnifique expérience que j’aurai plaisir à ne pas renouveler, enfin j’espère.

Bon je vais pas mentir, je ne savais pas que la chaudière ne fonctionnait pas, on me l’a dit après que j’ai demandé la douche !

 

A 15 heures je décide de me reposer dans ma chambre au son de Coldplay…pendant deux heures et demi.

Demain, direction Gokyo et ses cinq lacs, le but du trek. J’espère que je passerai une bonne nuit, Karma me dit déjà que si je repasse une mauvaise nuit comme hier il vaudrait mieux rester à Machherma, ce dont je n’ai absolument pas envie, avec en plus une panne de Wifi sur tout le secteur qui dure depuis plusieurs jours, le technicien est attendu sur place, il vient de Kathmandu…

Jour 9 : Machherma – Gokyo (4800 m)

Départ vers les lacs de Gokyo

Départ ce matin à 8h00 pour une des étapes les plus attendues de mon aventure himalayenne, destination Gokyo (d’où le nom du trek évidemment) et ses cinq lacs aux eaux turquoise.

Je suis excité à l’idée de parvenir enfin à cette destination que j’ai depuis si longtemps rêvé d’atteindre.

 

A la sortie de l’hôtel j’assiste pour la première fois à la traite d’une femelle yak, hier soir et ce matin j’ai eu l’occasion de goûter au fromage de yak. Test très concluant, j’ai bien aimé.

Progression dans la vallée

Nous atteignons le sommet d’une colline, après une montée raide (pas d’échauffement ici !) d’où la randonnée se poursuit dans un paysage duquel ont disparu tous les arbres, il n’y a plus que la terre et les herbes brunes.

 

Le majestueux Cho Oyu compose la ligne d’horizon, il fait bon, le ciel est d’un bleu turquoise limpide, pour le moment, tous les nuages de la veille ont été balayés au courant de la nuit, c’est désormais le même scénario météo qui m’accompagne depuis plusieurs jours.

 

La montée dans ce beau paysage est progressive, le long d’un torrent, rien de difficile à ce stade mais ça n’allait pas durer, évidemment.

Arrivée aux lacs et mal de tête

Encore des efforts avec mes chères marches d’escaliers éprouvantes avant d’arriver au premier des cinq lacs de Gokyo, qui est le système de lacs glaciaires le plus haut du monde.

 

Je l’atteins avec un mal de tête de plus en plus fort, lancinant, je commence à m’inquiéter.

Quelques instants plus tard, nous atteignons le deuxième lac, long de 700m à l’altitude de 4728m. Mon mal de tête devient de plus en plus fort.

Je décide de passer au traitement médical, je sors un comprimé de Diamox, médicament qui aide à supporter le mal aigu de montagne.

 

Puis après une vingtaine de minutes nous arrivons au troisième lac, le plus grand de tous, sur les berges duquel se trouve le complexe hôtelier de Gokyo avec ses six ou sept lodges. Nous improvisons la séance de shooting au bord du lac sous une lumière magique.

Installation au lodge et repos

Seuls deux hôtels sont ouverts apparemment, celui que Karma avait réservé est fermé. Il me conduit au resort de Gokyo où on déjeune. Il m’informe ensuite que je dois payer un supplément de 4000 NRP par nuit (24€) pour une chambre avec douche comprise ou 8000 NPR pour une chambre luxe, ou pas de supplément mais sans vue et avec douche en option. Je suis un peu étonné, et me dis que cela ne me convient pas. Tous les autres touristes se dirigent vers un autre lodge en contrebas. Je luis demande pourquoi nous sommes ici, où je suis visiblement tout seul.

 

Finalement je lui dis que je ne souhaite pas cette option et lui demande de me conduire vers l’autre lodge ouvert. Du coup, ici, c’est presque l’effervescence, il y a plein de monde qui arrive au fur et à mesure, des trekkers de tous les pays, y compris les trekkers rencontrés ces derniers jours, dont Céline la Française d’hier. Ça fait longtemps que je n’ai pas vu autant de monde au même endroit !

 

J’ai terriblement mal à la tête, le Diamox et le Doliprane n’ont pas encore produit leur effet. Pourtant, je souhaite quand même faire un bout de la montée du Gokyo Ri, sans aller au sommet à 5360m, d’où l’on voit les lacs et l’Everest. Après 15’ de montée à peine, je demande à Karma si c’est prudent de continuer. Je fais quelques photos du lac puis décide de redescendre à l’hôtel où je termine l’après-midi en buvant un maximum et en faisant des allers retours aux…toilettes, ce qui est une bonne manière de traiter le problème.

 

Mon mal de tête finit par disparaître, je peux même ressortir prendre en photo les Siberian birds du Népal, de jolies oies au corps orange et aux ailes blanches et noires. Il fait froid, je frémis de tout mon corps, quelques instants plus tard le lac disparaît sous un voile de brouillard. Le feu est allumé dans le poêle « à caca » traditionnel qui trône au milieu de la salle à manger où sont regroupés la plupart des trekkers, guides et porteurs, qui discutent, lisent, écrivent, ou jouent aux cartes en attendant le dîner. Il est 18h15, la nuit tombe et enveloppe le paysage. 

Demain est un autre jour.

Jour 10 : Gokyo – Gokyo 5e lac (4995m)

Objectif de la journée et choix de l’itinéraire

La journée aujourd’hui est consacrée à la randonnée qui s’enfonce dans la vallée des cinq lacs au-dessus de Gokyo, dans la vallée spectaculaire du Ngozumpa, un des plus grands glaciers du Népal. Cette randonnée a été préférée à celle de l’ascension du Gokyo Ri qui surplombe Gokyo et qui permet d’avoir un panoramique exceptionnel sur l’Everest et les autres sommets. Mais étant donné que la vue depuis la Renjo La Pass que je franchirai demain sur la route du retour vers Namché est identique, je pense que le choix de la route du camp de base du Cho Oyu était plus justifié.

Marche vers le quatrième lac

Le départ est très matinal, il fait froid, sans doute moins de zéro degré, le sol est bien gelé sous mes pas. Le sentier passe sur de nombreux rochers ce qui rend les appuis assez instables, la pente est progressive. Comme d’habitude, dès que ça monte, je dois ralentir l’allure.

Nous cheminons ainsi pendant une petite heure avant d’atteindre le quatrième lac. Lui aussi est gelé, c’est dommage pour le contraste, mais la vue reste toujours aussi belle, avec le Cho Oyu de plus en plus proche. Le ciel est d’un bleu profond ce matin, les rayons du soleil réchauffent l’atmosphère généreusement.

Progression vers le cinquième lac

Nous continuons de marcher en contournant le lac. L’atmosphère est d’un calme impressionnant, pas un bruit en dehors du bruit de mes pas, du toc de mes bâtons de rando sur le sol gelé ou sur les rochers. Je perçois également le frémissement de la petite brise qui caresse mes oreilles, c’est tout.

Soudain, Karma m’alerte, il pointe son doigt sur un animal que nous avons sans doute fait fuir. Il s’agit vraisemblablement d’une espèce de chacal, il s’éloigne trop vite malheureusement pour que je puisse l’immortaliser, il se confond vite avec le relief.

 

Un peu plus loin nous devons franchir un passage avec des plaques de neige glacée, c’est compliqué, la pente du côté droit est verticale, il ne faut pas se louper. Les appuis sont très instables, je m’enfonce jusqu’au genou à un moment lors du passage sur deuxième section enneigée.

 

Après 2h45 d’effort nous parvenons en vue du cinquième lac, lui aussi évidemment gelé. Le Cho Oyu est maintenant tout proche, le ciel est toujours d’un bleu intense. Mais l’intérêt de la rando est aussi le tableau avec l’Everest, le Nuptse et le Lhotse qui apparaissent. Nous faisons la pause déjeuner au soleil (bon il est 10 heures), à 4995m d’altitude, en contemplation totale devant ce panorama, le genre de pause qui ne se répète pas tous les jours ! Par ailleurs, nous entendons fréquemment le bruit de moraines qui se détachent et qui roulent dans le ravin du glacier, soulevant un nuage de poussière. Cela confirme qu’il ne faut surtout pas s’approcher du bord sous peine d’être transformé en homme de glace !

Retour à Gokyo et montée partielle du Gokyo Ri

Nous prenons le chemin du retour afin d’arriver à Gokyo avant les nuages classiques de l’après-midi. Je prends une soupe au lodge et décide, malgré mon mal de tête qui est revenu, d’effectuer une partie de la montée du Gokyo Ri, voulant notamment prendre d’autres vues du village d’un peu plus haut et aussi atteindre l’altitude symbolique de 5000m. Ce qui fut fait après donc 230m de montée, je m’arrête à 5007m.

 

Retour au lodge, pas de douche possible, uniquement le seau d’eau chaude, j’ai pas envie. Mais, néanmoins, toilette complète aux lingettes, et au gant de toilette, ça marche aussi, je me sens propre, c’est l’essentiel pour attaquer la journée de demain où j’attendrai cette fois le point le plus élevé de mon trek.

Jour 11 : Gokyo – Lungden (4360m) via Renjo La pass (5400m)

Réveil sous la neige et préparation de la traversée

La souffrance et le bonheur. Deux notions contradictoires, mais c’est bien ce que j’ai ressenti aujourd’hui, d’une manière intense, profonde, et encore, je pense que ce n’est pas suffisamment bien décrit comme sentiments…

 

Tout d’abord, le réveil se fait ce matin sous un paysage totalement enneigé ! effectivement, le soir précédent un éclair puis un tonnerre m’ont fait sursauter, je me suis dit que quelque chose devait tomber duciel, forcément pas de la pluie à cette altitude et à cette température. Le paysage était recouvert de 10 à 15 centimètres de neige le rendant encore plus joli avec cette blancheur immaculée.

 

Or, le plan est de franchir la Renjo La pass à 5400m, avec ces conditions il fallait s’adapter. Le départ est légèrement retardé et nous devons nous équiper de nos crampons dès le début de la randonnée.

Montée progressive vers le col

Le début de la montée est très progressif, nous longeons le lac dans un cadre majestueux, un ciel bleu parsemé de quelques nuages, les restes de la veille en train de s’évacuer doucement. Il fait d’abord très froid, j’ai les doigts gelés mais dès que les premiers rayons de soleil dardent, la chaleur se répand dans tout mon corps, je dois enlever ma doudoune rapidement. Plus loin nous croisons des yaks paisiblement allongés dans la neige, ils nous regardent passer de leur regard langoureux.

 

Nous poursuivons la montée à un rythme lent. A l’extrémité du lac, la montée se fait de plus en plus raide. Je commence à ressentir la difficulté, les pas s’enfoncent parfois profondément dans la neige, mais ce n’est encore rien.

Derniers efforts vers la Renjo La pass

Je regarde vers le haut et je me rends compte que nous sommes encore loin, très loin du sommet. Il faut passer entre les rochers, on ne voit pas bien où poser les pieds, encore moins les bâtons. Nous faisons plusieurs haltes et sommes rattrapés par des petits groupes partis plus tard. Puis la montée se fait plus raide, mais vraiment plus raide, ça devient très dur, il faut avancer par des petits pas, chacun coûte beaucoup d’énergie.

 

Parfois j’arrive quand même à apprécier le paysage qui est de plus en plus époustouflant. Les 100 derniers mètres d’altitude qui restent deviennent carrément monstrueux à monter, les crampons sont alourdis par la neige qui colle, je commence à ressentir du découragement tellement c’est difficile d’avancer. Je suis parfois dans le rouge au niveau respiratoire, mais je sais qu’ici, il n’y a pas d’abandon qui ne tienne ! Je vois le sommet, mais il faut encore faire plusieurs lacets dans la pente la plus raide.

 

Au bout de quasiment quatre heures d’effort mais la vue exceptionnelle récompense cette montée épuisante.

Panorama au sommet et descente vers Lungden

En face de nous, c’est l’explosion des sommets, les géants du monde sont à mes pieds, ou plutôt plus modestement je suis au pied des montagnes les plus hautes de la terre, invraisemblable moment de joie. Je l’ai fait ! Quatre sommets de plus de 8000 sont dans le paysage, devant mes yeux, Le Cho Oyu, sixième sommet, l’Everest 8848m, le Lhotse, troisième sommet, et le Makalu, cinquième sommet en forme de pyramide, que j’aperçois pour la première fois. Sans compter tous les autres en dessous, mais proches des 8000m. C’est splendide, émouvant, un tel spectacle ne s’offre pas tous les jours.

 

L’autre côté du sommet est également magnifique mais après les prises de vues il faut déjà s’attaquer à la descente qui allait être encore plus éprouvante avec la fatigue, le manque de nourriture. Elle va durer quatre heures également, mes crampons qui accumulent la neige me font souffrir, je n’avance pas. Je décide de les enlever avant d’entamer la partie finale très raide.

 

Enfin nous arrivons au village de Lungden où nous passons la nuit dans un lodge au confort rudimentaire. Au diner nous échangeons avec un polonais, un allemand et une norvégienne. Je teste pour la première fois une apple pie, de fabrication maison !

Jour 12 : Lungden à Namché Bazar

Départ matinal dans le froid

Ce matin, déjeuner pris à 7h00, il fait froid dans la chambre, les affaires, le lit, tout est si froid. Il faut s’habiller malgré tout, je place régulièrement mes vêtements du jour et ma bouteille dans mon lit pour qu’ils soient raisonnablement tiède, et ça fonctionne assez bien.

 

Nous partons alors que le soleil, déjà levé, n’est pas encore assez haut pour réchauffer l’atmosphère, j’ai à nouveau les doigts gelés !

Marche dans la vallée et villages traversés

En chemin nous rencontrons un snow bird, une sorte de grosse perdrix je dirais, les tibétains en ont fait un oiseau sacré, interdit de les tuer. D’ailleurs pour mémoire, j’ai longé constamment la frontière avec la région du Tibet en Chine, c’est remarquable.

 

Nous avançons à bonne allure, il ne faut pas musarder, il y a 18 kms au programme. Le terrain est en descente progressive, nous traversons les deux premiers villages qui sont totalement désertiques, il n’y a pas âme qui vive !

 

Le chemin est hyper impressionnant, nous longeons un torrent en contrebas, parfois la hauteur est impressionnante.

Paysages, rencontres et pause déjeuner

Enfin nous atteignons un premier village Tame Tenga, où il y a des gens. Nous allons croiser au cours de la journée de nombreux chortens aux inscriptions tibétaines à l’entrée de chaque village et des stupas. A Tame, le stupa de la sortie du village est vraiment très impressionnant, je crois que c’est le plus grand que j’aie vu en montagne, avec les sommets enneigés en arrière-plan, c’est magnifique.

 

Nous traversons plusieurs ponts suspendus, dont un au fond d’un ravin que nous atteignons après une descente vertigineuse.

 

Pour avancer vers Namché il faudra encore absorber plusieurs montées très fatigantes, car elles coupent le rythme et l’allure. A un moment nous croisons un grand troupeau d’une vingtaine de chèvres de montagne sauvages.

 

Au déjeuner que nous prenons en terrasse d’un monastère, je m’amuse avec une vieille dame de 97 ans, qui accepte de faire le show en prenant la pose photo, incroyable moment. D’ailleurs en chemin, j’ai pu réaliser plusieurs séances de portraits, ce qui me met aux anges.

Retour à Namché et soirée en ville

Vers 14h30, nous parvenons enfin à Namché. Je prends mes quartiers dans le même hôtel qu’à l’aller, le green Tara hôtel, qui figure dans le Lonely Planete. Je profite enfin d’une vraie douche réconfortante et bien chaude.

 

Vers 16h je profite d’une balade dans le marché, en fait les ruelles de la ville, où il y a plein de boutiques de toutes sortes, souvenirs, équipements de montagne à des prix défiants toute concurrence, sans aucun doute des contrefaçons chinoises. Je m’arrête au Yeti bar pour m’offrir ma première bière locale, la Sherpa red, plutôt bonne il faut dire. Le soir c’est pizza vegi avec un petit verre de vin rouge, j’ai le droit non ?

 

Enfin il est 20 heures, je suis déjà fatigué de cette longue journée, demain c’est 19 km, mais petit bonheur, mon sac va faire une grand partie du chemin sur le dos d’une mule hihi !

Jour 13 : Namche Bazaar - Lukla

Dernière étape du trek

Dernière étape du trek, il me reste ensuite 3 jours à Kathmandu si le vol du matin tôt demain décolle bien comme prévu vers sept heures pour atterrir à Kathmandu.

 

Au départ de Namché, mon sac à dos est mis sur une mule, pour quelques 1000 roupies, ça fait 5,80€, tout le monde est content, vu que la mule redescend à vide autrement. Moi ça m’allège pour les 1000m de dénivelé négatif au total.

Chemin de retour et rencontres sur le sentier

Nous croisons beaucoup de trekkeurs qui arrivent en sens inverse, j’en ai jamais vu autant, c’est le vrai démarrage de la saison. Nous croisons également, outre les caravanes de mules, une série de convois de yaks qui transportent du matériel d’expédition pour l’Everest.

Je vois enfin les premiers rhododendrons en pleine floraison, des rouges et des blancs. Les légumes poussent dans les jardins, les potagers verdissent.

Arrivée à Lukla

Je récupère mon sac à environ 2 kms de Lukla, que je parcours à toute allure, pressé d’arriver au point final du trek.

Le village de Lukla est très animé, les enfants jouent dans la rue en improvisant des jeux avec des cartons ou d’autres objets. Je me promène dans la rue principale et les petits à côté pour prendre des photos et respirer une dernière fois l’air de la montagne.

Demain c’est réveil à 5h30 ! et retour à la civilisation.

Dernière soirée en montagne

Au dîner je tente le burger de yak (burger népalais !) et surprise de la carte, l’Hymalayan apple strudel (si si, c’est comme ça sur la carte). Bon j’avoue ça ne vaut pas le vrai apfel strudel autrichien.

 

Dans la salle à manger un vieux monsieur qui n’est autre que le propriétaire du lodge, égrène son chapelet en psalmodiant, sans arrêt, assis devant le poêle, un mantra bouddhiste “om mani Padme Hum, om mani Padme Hum….” qui signifie approximativement “ le bijou dans le lotus”. j’apprends que Sir Edmond Hilary est descendu deux fois dans ce lodge, son portrait figure en grand dans la salle à manger.

 

Voilà, mon amour de la montagne est rassasié pour cette fois, ma découverte de l’Himalaya, enfin, cette vie si différente, ces paysages d’une beauté si exceptionnelle, cette culture qui est si particulière à nos yeux d’européens. Quand j’étais jeune, j’ai fait une colonie de vacances à Morzine où j’avais comme moniteur un membre du club alpin français qui nous a partagé sa connaissance et sa passion pour l’alpinisme. j’étais très passionné moi aussi pour cette activité. J’ai lu “premier de cordée” de Roger Frison Roche à la même période, roman qui m’a donné le goût et l’intérêt de la haute montagne. Pourtant je n’ai jamais approfondi ce domaine alors que ça me titillait vraiment, mais néanmoins, j’admire toujours autant la haute montagne, les exploits, les ascensions, notamment des hauts sommets himalayens qui me passionnent toujours.

Jour 14 : Lukla - Katmandou

Réveil matinal et départ pour l’aéroport

Après un réveil matinal à 5h30 et un petit déjeuner composé d’un chapati fourré aux œufs et pommes de terre, nous nous dirigeons vers l’aéroport situé juste de l’autre côté de la piste de décollage. Il faut monter une série de marches pour contourner le point fixe avant décollage que je surplombe.

 

A ce moment, Karma, qui sait que je suis passionné d’aviation (pour info, j’ai une licence de pilote de base (qui n’est plus valide) et un des propriétaires du lodge qui nous accompagne, me propose de prendre mon gros sac pour aller l’enregistrer, me laissant la possibilité de spotter le décollage du premier avion en partance.

Observation des décollages à Lukla

Je constate que je ne suis pas le seul amateur de ce spectacle. Le turbopropulseur Let, de fabrication Tchèque, spécialisé pour ce type de piste en altitude et courte s’aligne au point fixe et fait tourner ces deux moteurs plein régime. Je prends en plein figure le souffle des pâles. Puis le pilote lâche les freins et l’appareil accélère rapidement pour atteindre la vitesse de rotation lui permettant de s’envoler dans le vide au bout de la piste. Je suis impressionné.

Malheureusement je ne pourrai pas assister à un atterrissage des prochains avions, il faut que j’aille au contrôle du passeport.

 

Les avions se succèdent, l’un après l’autre, je suis placé dans le vol 302, déjà le quatrième en partance en moins de vingt minutes.

Vol vers Katmandou

Les modalités d’embarquement, débarquement, des passagers et bagages sont magnifiquement bien réglées. Je suis déjà assis à une bonne place, à droite cette fois, à l’arrière. C’est parfait !

 

A peine quelques instants plus tard, me voilà déjà propulsé en l’air, on survole les pentes raides des montagnes, rapidement nous atteignons 4000m d’altitude et les sommets enneigés sont bien visibles, le temps est parfaitement clair. Quelques turbulences secouent l’appareil énergiquement.

 

Je profite de la vue un maximum, y compris à l’approche de Katmandou, très impressionnante, on survole notamment la ville de Baktapur.

Arrivée à Katmandou et visite de Bhaktapur

Rajan me récupère à la sortie de l’aéroport, après 50 minutes de vol, c’est à ce moment que Karma et moi nous devons nous séparer après ces treize jours de vie commune, dans un moment d’émotion. Ce genre de moment n’est jamais agréable, ça ressemble un peu à “rendez vous en terre inconnue” au moment des départs des visiteurs.

 

J’arrive chez Rajan (Happy Népal Trek), où nous faisons le point des trois journées complètes. Il me propose de passer l’aprèss-midi à Bhaktapur et d’y rester pour la nuit afin de profiter pleinement de la cité médiévale le soir et le matin, quand il y a moins de touristes. La suite sera ensuite l’après-midi sur d’autres sites le lendemain.

 

J’arrive à Bhaktapur vers treize heures et dès le début je suis impressionné par ces constructions en briques rouges. Cette cité ancienne est une merveille d’architecture, d’histoire, de culture., d’art. Ici on se retrouve dans un univers hindou, avec les caractéristiques typiques liées à cette culture, les temples, les places bordées d’échoppes.

 

La cité est aujourd’hui magnifiquement préservée, malgré le tremblement de terre de 2015 qui a causé des dégâts importants. L’ancienne capitale royale a été en grande partie reconstruite en à peine dix ans, des travaux de restauration sont néanmoins toujours en cours.

 

L’expérience de cette cité est exceptionnelle, la beauté de l’architecture, les spécialités culinaires dont l’excellent yaourt spécialité typique la ville, le juju dhau (j’en ai pris deux aujourd’hui !) servi dans une petite coupe en terre cuite. mais aussi l’art traditionnel que l’on retrouve partout dans toutes les échoppes, les très beaux masques, les tissus, la poterie faite sur la place des potiers, il y a même des cours, les bijoux…

 

Les rues piétonnes sont pavées de briques rouges. En revanche, si les automobiles sont prohibées, les scooters sont admis dans plusieurs rues et franchement c’est plutôt dangereux. Il faut voir les engins slalomer entre les piétons, je n’ai pas confiance, je marche à contre sens pour voir le danger en face, mais même là c’est pas garanti.

 

Au fait, je n’ai même pas parlé de la circulation dans les rues de Katmandou. C’est vraiment catastrophique, ça vient de partout, dans tous les sens, on se croise dans tous les sens, c’est anarchique, franchement, impossible pour un européen de conduire dans un tel trafic.

 

Je prends mon déjeuner sur une des célèbres places de la cité, depuis un roof top d’un restaurant. J’observe les scènes qui se déroulent sur la place et prends plusieurs photos depuis mon point d’observation. Le plat que j’ai commandé est excellent, de la viande de buffle, du curry de légumes, des pommes de terre poêlées, des graines de soja, une espèce de pétale de je ne sais plus quoi, des cacahuètes, une soupe de bambou (j’ai oublié le nom du plat en fait …!), mais woaw, que c’est piquant, je me sers de ma bière népalaise pour apaiser le feu dans ma bouche. Le juju dhau tout frais qui a suivi a bien calmé mon palais.

 

Je poursuis ma visite culturelle dans les ruelles étroites et trois grandes places. En fin d’après-midi un violent orage éclate, je dois me mettre à l’abri sur une terrasse de restaurant. La nuit tombe rapidement, je prends quelques photos puis je décide de me rendre dans un petit boui boui local, juste à l’extérieur de l’enceinte de la cité que j’avais repéré, un resto spécialisé dans la cuisine newari (car je savais que celui recommandé par le guide était fermé à 18h).

Ce qui m’intéressait c’était la galette faite avec des lentilles cuite sur une plaque que l’on peut recouvrir au choix, je choisi un œuf, c’est super top et ça coûte 100 NPR, soit 0,58 €. J’accompagne ça de deux espèces de raviolis fourrés de pâte de riz, pas mauvais aussi (80 NPR chacune).

 

Je rentre à l’hôtel dans ma chambre bien douillette …et chauffée (haha enfin) et profiter d’une trèèèèssss longue douche !
Je sens que je vais bien profiter de ma nuit !

Jour 15 : Bakhtapur - Katmandou, une journée sacrément bien remplie et émouvante

Durbar Square et découverte de Bhaktapur

Ce matin je prends mon petit déjeuner sur la terrasse de mon hôtel qui donne sur Durbar square, la plus grande place de la cité. J’espérais voir la ligne des montagnes et les sommets enneigés en arrière plan, mais le temps, bien qu’il fasse beau soleil, est trop brumeux, impossible de les voir. La place est encore vide, les touristes ne sont pas encore là. La grande cloche résonne, j’observe un défilé de jeunes moines orange vêtus depuis mon poste d’observation.

 

Un peu plus tard, je me lance dans mon deuxième round d’exploration de la cité, je me rends sur la place du temple Nyatapola (le plus haut temple), où je vois un petit attroupement formé par plusieurs hommes. J’en vois qui tient en laisse à l’aide d’une corde un bouc, juste devant le temple Bhairavnath (forme féroce de Shiva, le destructeur). je me demande, va t-il l’étrangler ? Je regarde la scène, je sais qu’il va se passer quelque chose, les hommes regardent, celui qui tient la corde attend patiemment, calmement, la bête bouge à peine sa tête. A un moment quelqu’un arrose l’animal avec de l’eau, le bouc réagit peu. Quelques instants, le bouc est à nouveau arrosé, tout à coup il se met à frissonner, à se secouer. Là directement, grande joie de l’assistance, le bouc est rapidement amené devant l’hôtel, plusieurs hommes l’empoignent fermement et là, un des hommes empoigne son poignard, la bête est égorgée vive, le sang coule sur le sol. C’est une cérémonie de sacrifice en vue d’apaiser les démons, exaucer les prières et obtenir des dieux la bénédiction, que je viens de vivre en live ! La journée commence fort. je me dirige sur la place des potiers, une dame anglaise m’indique qu’il s’y passe des choses, mais je ne vois rien de spécial. Je rebrousse chemin, avec l’intention de me rendre à l’extrémité est de la vieille ville. Je passe devant un autre temple où un autre sacrifice de bouc et de coq va avoir lieu. Les gens, en costumes et robes d’apparat, apportent leurs offrandes qui sont exposées. Je n’insiste pas et poursuit vers la porte Est. Je remonte la rue et rentre à nouveau dans le cité et trouve un autre temple, bien plus calme, où des femmes font leur toilette ou leur lessive. Je croise aussi plusieurs bassins, des retenues d’eau artificielles, recouvertes d’une pellicule verte.

 

Je dois finir ma visite de la matinée, Rajan vient me récupérer à 12h30. j’ai juste le temps de m’offrir un autre Juju Dahu, un grand modèle cette fois (0,50l) et une galette newari avant de filer au rendez-vous.

Pashupatinath : le temple sacré et les crémations

Rajan me conduit à travers la ville et sa circulation anarchique, vers un autre lieu extrêmement emblématique dans la culture hindoue. Le Pashupatinath temple, lieu sacré de la culture et de la tradition hindoue, dans lequel chacun, quelle que soit sa nationalité, devrait se rendre au moins une fois dans sa vie. C’est comme Jérusalem pour un chrétien, ou la Mecque pour un musulman.

 

Ce temple est entièrement dédié à Shiva, il est magnifique vu de l’extérieur (je n’ai pas le droit d’entrer).Toiture en or, et en cuivre, portes en argent. Mais ce qui fait la particularité de ce lieu, c’est que c’est ici qu’ont lieu les crémations des défunts. Il y en a plusieurs en cours. j’en crois pas mes yeux, tous ces bûchers alignés le long de la rivière, qui servira de réceptacle des cendres pour les emporter au loin. J’observe la scène, c’est presque irréel. Des cortèges amènent le corps d’un défunt devant un hôtel pour être purifié, plein d’offrandes sont déposées. Des prêtres organisent sur l’autre rive des cérémonies. Tout cela est haut en couleurs, et se déroule d’une manière très calme.

 

Rajan m’emmène dans un autre temple situé plus haut sur la colline, dédié à Vishnou, mais je ne peux pas non plus y entrer. Nous faisons un grand tour, accompagnés par de nombreux singes, puis parvenons à l’autre entrée du temple où se déroulent de nombreuses cérémonies de prières de petits et grands groupes. Enfin, on arrive devant un petit temple avec la statue représentant le roi des singes, qui est visiblement bien adulé.

Boudhanath : le grand stupa bouddhiste

Après cette visite, Rajan m’emmène vers un autre lieu hautement symbolique, cette fois pour la religion bouddhiste. Le Shree Boudhanath temple, le stupa de couleur blanche le plus grand d’Asie, enfin du monde. Le lieu est magnifique, la blancheur du stupa tranche avec la couleur bleue du ciel. de nombreux pèlerins font le tour de ce monument dans le sens des aiguilles d’une montre. Tout autour se trouvent des immeubles, tous récents, qui enserrent le stupa, formant une sorte d’écrin. L’architecture est très sympathique, il y a vraiment du cachet, du style. Il y a pas moins d’une quarantaine de temples également autour du stupa, nous pénétrons dans un de ceux-ci. L’ornementation, les peintures murales, les tissus, sont magnifiques, mais les photos sont interdites, zut. L’ambiance avec le soleil déclinant dans le ciel. Nous pouvons gravir les deux étages d’un autre temple d’où le point de vue est intéressant. Ensuite nous montons sur le premier niveau du stupa en passant par un escalier qui est encadré par deux personnages sur un éléphant, un homme et une femme, le roi et la reine.

Soirée à Katmandou et découverte de Thamel

Nous rentrons à la maison de Rajan pour se préparer pour le dîner avec représentation de danses traditionnelles dans un restaurant de spécialités népalaises. Et comme si la journée n’était pas assez mouvementée, c’est en scooter que Rajan m’emmène vers le restaurant. Déjà je me sens pas “safe” en voiture, alors que dire en scooter, sans casque, au milieu de cette circulation infernale, à la nuit tombée ?

Bon, je suis toujours sain et sauf, donc tout s’est bien passé, le repas, les danses etc.

 

Pour finir, Rajan passe dans le fameux et réputé quartier de Thamel pour me le faire découvrir, quartier que je vais explorer demain pour mon dernier jour au Népal.

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